RIP ARNO

Arno sur une plage à Cannes, lors de la présentation de mon premier film KOMMA, à la Semaine de la Critique en 2006.

J’avais prévu de tourner avec un acteur plus connu à l’époque et nous avions déjà fait des essais. Mais le tournage a pris du retard et j’ai eu le temps de réfléchir. Assez que pour me dire que je n’étais pas totalement convaincue par ce premier choix. Le talent de l’acteur était hors de cause, c’était plutôt au niveau du langage que ça coinçait. De père néerlandophone, j’ai souvent travaillé avec des acteurs néerlandophones et/ou non francophones. J’ai cette culture en moi et cela me semble naturel d’entendre des accents dans mes films. J’ai réalisé que j’étais frustrée d’entendre mon personnage principal parler aussi bien le français. Ça ne collait pas à ce personnage mystérieux que j’avais en tête. Un aventurier dont on ne sait rien, qui vient de nulle part pour ensuite repartir sans laisser d’adresse.

Cet après-midi là, je suis aller prendre un café au coin de ma rue en face du marché au puces. En contemplant le ballet des camions poubelles qui nettoyaient la place, j’ai subitement pensé à Arno. Et ça a fait Tilt. Je le connaissais déjà depuis longtemps, on fréquentait les mêmes bars et l’idée m’a paru si juste que je lui ai téléphoné sur le champ, sans une ombre d’hésitation. Je lui ai raconté l’histoire en deux mots, ça lui a plu. Le lendemain il avait lu le scénario posté le soir-même dans sa boite aux lettres. Je suis allée chez lui, on en a discuté. Il aimait beaucoup ce personnage et était ok, mais n’était pas sur de pouvoir assurer au niveau jeu. Moi j’étais confiante, il suffisait de l’entourer, de revoir le texte pour qu’il s’enroule dans ses mots à lui. Quand j’en ai parlé à mes producteurs, ils étaient tous d’accord. C’était comme une évidence. Il n’y avait pas mieux qu’Arno pour jouer ce rôle.

C’était un vrai plaisir de travailler avec lui. Toujours drôle, attentionné, motivé. L’équipe l’adorait. Moi aussi. J’ai toujours pu compter sur lui dans les moments difficiles du tournage et nous sommes restés amis. Dommage que tu sois parti si vite. On t’aimait tant.